#19 – La fin de l’histoire

La fin de l’histoire – La dernière étape, 177 km autour du Golfe a été l’apothéose d’une formidable aventure humaine et sportive autour de la Bretagne – 23 étapes – 1687 km. Il y a dans ce récit de la liberté, de la fatigue, de la souffrance mais surtout du plaisir.

Vannes (km 0) – L’excitation du départ

La semaine dernière, avant le départ, la canicule s’empare de la France. Le mercure monte à plus de 35°C dans de nombreuses régions. La Bretagne semble épargnée. Malgré tout le départ est décalé de 1 heure sur arrêté préfectoral.

Les gens raisonnables ne se lèvent pas un matin pour faire 177 kilomètres. Je ne suis pas raisonnable et comme d’habitude, je suis parti trop vite ! Des dernières positions, mais trop vite. Durant 2 heures, je double les participants partis devant moi. Je ne cours qu’au ressenti sans montre ni GPS, vite quand j’en ai envie. Après 11 jours d’un repos complet, j’ai la folle énergie d’avaler les kilomètres. Je m’élance à près de 10km/h, comme si je partais pour un footing, catalysé par une ambiance et un public incroyable.

Vidéo du départ : https://cloud.latracedesdouaniers.fr/index.php/s/rM3TSTy4yiyx9ce

Le Bono (6h, 52 km) – La 1ère nuit de l’ultramarin, tu l’aimes ou tu la gerbes !

La chaleur laisse des traces, celles et ceux qui sont devant souffrent sûrement eux aussi. Les traces de vomis de corps qui saturent de l’eau ingérée resteront quelques heures sur les chemins. Le vainqueur reconnaîtra sur la ligne d’arrivée avoir failli abandonner.

Pour la 1ère fois, avant le Bono, je me retrouve seul durant quelques minutes, personne devant ni derrière, la nuit s’empare du Golfe. Au loin les frontales scintillent sans que je ne puisse déterminer si ce sont des coureurs situés devant ou derrière moi. J’ai déjà perdu tous mes repères.

Locmariaquer (10h – 81 km) – La croisière s’amuse

La dernière boucle avant de prendre le bateau permet d’admirer la lune, très basse dans le ciel et surtout très grande grâce à une illusion d’optique (phénomène de Ponzo). Elle se teinte de rouge avec les premières lueurs du jour. Le spectacle est grandiose ! A ce moment-là, je savoure ma chance, non pas de voir ça car j’aurais pu venir là en voiture, mais d’associer à ce spectacle les émotions et l’intensité de ce raid. C’est l’heure d’une croisière sur le golfe en direction de Port-Navalo. La traversée se passe bien, je suis bien assis et le capitaine navigue tranquillement. Tout va bien même si la reprise après 15 minutes est douloureuse pour les muscles endoloris.

Vidéo de la traversée : https://cloud.latracedesdouaniers.fr/index.php/s/dizsy7Tfrq6iG4m

Arzon (11h00 – 86 km) – Un nouveau départ

Mi-parcours. L’accueil des bénévoles est magnifique comme partout. Sur le chemin, la nuit, ils sont des dizaines à sécuriser le passage des coureurs parfois au milieu de rien. Un bénévole me souhaite la bienvenue à Arzon à l’entrée du stade, je suis content d’arriver ici. Je vais trouver de quoi me refaire une santé après la traversée en bateau que j’ai toujours du mal à gérer (il y a 2 ans cette traversée m’avait « coupé les jambes »).

Je retrouve mon sac d’assistance, prends une douche, un bon repas (pâtes, jambon, madeleine, compote), prends le temps de me masser, de me crémer (NOK pied, crème solaire, gel arnica sur les jambes) et repars après 40 minutes de repos. Il est 8 heures.

A partir de maintenant la course commence vraiment, au-delà des distances que je parcours « habituellement », au-delà des limites. Le temps n’a plus d’importance, plus rien n’a d’importance d’ailleurs, je me renferme progressivement dans une bulle. J’ai récupéré des bâtons qui vont m’aider à avancer. A partir du 100 ème kilomètre je ne ferai plus que marcher, très régulièrement entre 5 et 6 km/h. C’est le jeu de « je te double, tu me doubles » avec les participants qui alternent course et marche selon le rythme imposé par leur montre GPS.

Alors que j’ai changé mes chaussures à Arzon, j’ai une douleur au pied droit au niveau du pouce. Je ne comprends pas pourquoi et retire la semelle. Ça va mieux même si sans semelle l’amorti est moins bon et le risque d’ampoules décuplé.

A 11 heures, le soleil se fait méchant sur les doigts (5 pointes comme des doigts de la main) de la presqu’île de Rhuys. De nombreux coureurs s’allongent à l’ombre terrassés par la chaleur.

Sarzeau (122 km) – Du courage, du courage, du courage

Je rejoins Sarzeau vers 14 heures. Je ne fais que passer là ou je m’étais longuement arrêté, il y a 2 ans, au bord de l’abandon. Je n’étais reparti que grâce au soutien des amis présents. A la sortie du gymnase, il fait presque froid, certains coureurs ont revêtu leur coupe vent.

C’est agréable de cheminer dans les marais salants de Saint Armel, les promeneurs sont nombreux et nous ne manquons pas d’encouragements. J’en ai entendu des « courage !», par centaines, milliers peut-être. Mais de quel courage parle t-on ? Tous les coureurs qui se sont élancés vendredi, étaient volontaires, libres de le faire. Personne (j’espère..) n’a du le subir ou le faire sous la contrainte. Pas besoin de courage quand l’on fait ce que l’on aime.

Le courage ça aurait peut-être été de renoncer à manger des gâteaux dans la semaine précédente (mais je n’en avais pas), le reste n ’est que du plaisir. La souffrance me direz-vous ? On l’a choisit. Nous sommes les seuls responsables, là ou des millions d’individus sur cette planète souffrent sans n’avoir rien demandé.

Le Hézo (138 km) – Au-delà des limites

Au ravitaillement de Le Hézo je retrouve la « dreamteam » des supporteurs ! Ça me fait plaisir de les voir au moment d’attaquer le dernier marathon. Presque 42 km, très roulants, lorsque l’on « roule ». Sinon c’est un enfer. J’ai mis 9 heures pour parcourir cette portion…

A Séné, le dernier ravitaillement, je décide de dormir quelques minutes car je ne me sens pas capable d’aller au bout dans cet état de fatigue. Il est 21h je suis HS, fatigué, épuisé !

Séné (156 km) – Dans ma bulle

Durant une telle épreuve il y a des moments de rien, le néant, l’esprit, le corps sont simplement dédiés à la tache de mettre un pied devant l’autre. Ensuite, il y a les moments de doute qu’il ne faut pas laisser s’installer, les moments où la fatigue s’empare du corps. En 2018, 52 % des finishers du 177 km ont été sujet à des hallucinations (une étude sommeil et vigilance avait également lieu en 2019). En bien évidement les moments d’euphorie lorsque le corps secrète de de puissantes décharges d’endorphines qui annihilent toute douleur. Le coucher de soleil sur le pointe de Séné, malgré la fatigue restera pour moi une souvenir inoubliable, anesthésié par les heures d’effort je profite de quelques instants de plénitude.

La dernière boucle autour de Sené est psychologiquement difficile car elle conduit à revenir au même endroit après 10 km… Les derniers kilomètres se feront dans la nuit noire. Je marche comme un robot, fais quelques écarts avant que Matthieu puis Claire ne m’accompagnent jusqu’à la ligne d’arrivée. A 2h17 du matin, 31 heures après mon départ, je suis de retour au port !

C’est la chance qui m’a permis de terminer. La chance de ne pas avoir rencontré de blessure, la chance que la fraîcheur soit revenue le samedi, la chance aussi d’avoir pu me rattraper d’une grosse chute entre le Bono et Crac’h au milieu de la nuit. La chance surtout d’avoir été accompagné par mes proches et par Claire, ma compagne, tout au long de cette aventure de la trace des douaniers.

Gérard Gailleton, 81 ans, doyen de l’épreuve, en a lui aussi terminé en 40 heures ! Bravo aux 831 autres finishers et aux participants qui, quelque soit leur résultat, se sont dépassés.

La suite ? Restons en contact, si vous n’êtes pas déjà abonné, laissez moi votre adresse courriel. Je vous emporterai, le moment venu, pour de nouvelles aventures (mais loin de facebook)

Merci aux contributeurs.trices, soutiens de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque, merci à toutes celles et ceux qui m’ont soutenu.

A bientôt,

Julien

#16 Tour de Crozon

J13|KM948 – La tempête m’avait empêché d’y aller il y a 10 jours alors j’y suis retourné, de nuit, malgré le mauvais temps annoncé. Ma préparation pour l’ultramarin s’achève ici, après près de 1000 kilomètres et une boucle extraordinaire de 120 km autour de Crozon. Devant moi, 11 jours de repos avant l’ultime étape de 177 km !

J’ai l’idée de faire le tour de Crozon en une seule journée depuis mon arrêt à Brest il y a 10 jours, la tempête et ses vent de 85km/h annoncés sur les pointes m’avaient dissuadé d’aller jouer les équilibristes sur les falaises. Alors, je profite d’un week-end dans le finistère pour remettre ça.

Les conditions sont incertaines, physiquement je ne suis pas prêt, j’ai assez peu dormi car je tenais à accompagner Bernard Dufour dans sa tentative de courir le canal de Nantes à Brest (350 km, défi qu’il relèvera lundi soir après 77 heures). La météo annonce des rafales à 55km/h et de la pluie dans la nuit avec une dégradation entre 5 et 8h du matin.

Arrivé en fin de soirée, le ciel est dégagé, rien n’indique vers 21 heures la dégradation annoncée. Je monte au Menez-Hom pour profiter d’une vue incroyable sur la presqu’île, d’ici les pointes se dégagent et il est possible d’apercevoir les cailloux de la pointe de Pen-Hir. J’ai les jambes qui titillent, l’idée d’y aller sans attendre l’aube fait son chemin. La nuit est tombée, je me prépare puis pour une question de sécurité descend en voiture au niveau de Pentrez pour commencer mon circuit sans emprunter la route. Je décide de commencer par le sud, en effet cette partie me semble moins difficile (et dangereuse) de nuit, les bois pas trop entretenus et surtout la longue portion de route de la partie nord ne m’emballent pas. A 23h00 je m’élance pour ma petite promenade…

La première partie de nuit est claire, sur la plage de Trez Bellec, je progresse sans frontale. La lune éclaire la mer d’un bleu hypnotique et reste contempler ce paysage fascinant.

La nuit, la difficulté est de suivre un balisage rouge et blanc qui manque de visibilité. A plusieurs reprises je me perds, dont une fois où je termine à 4 pattes dans une sorte de maquis avant de me rendre à l’évidence…Sans repères, il est possible de manquer de lucidité, parfois de se mettre en danger alors que le cerveau peine à analyser certaines situations.

Je progresse tranquillement, croise plusieurs renards, probablement aussi surpris que moi de ces improbables rencontres. Au niveau de l’Aber, je me déchausse pour franchir la rivière du même nom, je ne sais pas quelle est sa profondeur et progresse avec prudence pour rejoindre l’autre rive et la belle plage attenante. Sur les falaises, le vent commence à souffler. Je ne peux pas parler de peur mais, les conditions font qu’il y a une certaine adrénaline qui monte en moi. Avant Morgat, je croise mes premiers fêtards non loin d’une maison aux allures de discothèque. La nuit, plus que toute autre chose, c’est probablement les humains qui me font le plus peur…

Ma traversée de Morgat se fait tout feux éteints pour ne pas attirer l’attention. Après un ravitaillement (banane + eau) sur le port, je prends le chemin qui me mènera vers le Cap de la Chèvre. C’est une partie redoutable, très difficile dont je me souviens bien pour l’avoir parcouru il y quelques années. C’est le moment que choisit ma frontale pour rendre les armes, avant de cesser totalement son service elle se met en mode économie d’énergie extrême, m’offrant un faible halo lumineux. La course est désormais impossible, d’autant que la pluie s’est invitée à la fête. Je rejoins le cap vers 4h du matin. La fatigue qui me gagne et la défaillance de ma frontale m’incitent à trouver un abri pour attendre le lever du jour. J’imagine qu’un abribus m’offrira le gîte pour la nuit mais à la pointe il n’y a rien, et de nuit dans ces conditions je pourrai passer à 10 mètres d’un abri que je ne le verrai même pas…Je décide de poursuivre. Sur mon chemin, des blockhaus peu accueillants…après 1 heure je m’allonge dans ma couverture de survie au pied d’un pin dans un chemin creux près des dunes de la Palue. Je m’endors, régulièrement réveillé par les bourrasques d’un vent qui s’engouffre sous ma frêle protection. Je grelote sans pour autant avoir la lucidité de sortir le duvet que j’ai pourtant emporté. Pas de réveil, je sors de mon sommeil vers 6h15 pour reprendre le chemin. Le jour s’est levé, j’aperçois à quelques centaines de mètres un bâtiment qui m’aurait offert un abri 4 étoiles… Les conditions météorologiques se sont dégradées pendant mon sommeil et le vent est la plupart du temps trop fort pour courir sans risque d’être déséquilibré, j’avance tranquillement vers la pointe de Dinan. Peu avant Pen-Hir, le soleil se décide à une courte apparition ce qui m’offre un fabuleux spectacle avant un petit déjeuner mérité à Camaret. Dans l’idée d’un guide des boulangeries du GR, je fais les 2 établissements du port, le premier offre des sandwichs appétissants et un far breton qui l’est tout autant. Malheureusement je n’y goûterais pas, ici pas de CB et je n’ai pas apporté de liquide ! Dans le 2ème (le fournil de Camaret), je prends ce qui est dispo, sans enthousiasme, alors que la pluie fait son retour on me propose un supplément pour déguster mon jambon beurre à l’intérieur…tant pis je le mangerai sur le port avec les Goélands ! J’en arrive à la partie nord, très militarisée et théâtre au fil des siècles de la défense de Brest. Cela oblige de longs détours mais offre un intérêt historique. Je rejoins la pointe des Espagnols. S’ensuit une longue partie de route, peu intéressante jusqu’au Fret. La base opérationnelle de l’île longue, cœur de la dissuasion nucléaire française n’offre pas de place au tourisme ici 😉 A Lanvéoc, le chemin est dans un état désastreux et je m’empresse de remonter sur la route dès que je le peux pour m’offrir un nouveau ravitaillement. Il est 17 heures. Désormais je marcherai durant les 20 derniers kilomètres pour rejoindre via le Loch et Argol mon point de départ.

Enseignement : Manger correctement avant de partir (et pas juste un burger), ne pas utiliser la pleine puissance de ma frontale…

Photos : https://cloud.ownit.fr/index.php/s/gdtZcyzD8agPbj2

#15 Avis de tempête

Tempête annoncée sur l’ouest dans les prochains jours avec du vent à 80 km/h en rafale vendredi sur la presqu’île de Crozon… Alors ce soir, 2 possibilités, y aller comme prévu ou rester à l’abri pour écrire un ouvrage sur les meilleures boulangeries du littoral breton intitulé : « Comment perdre 5 kg en 2 semaines en se gavant de pâtisseries ! » 😁
Photo : iroise-bretagne.bzh

#14 De Portsall à Brest !

J12|KM828 – 91 km, le port de Portsall, Ouessant et Molène à ma droite, un sous marin, 3 heures de pluie et l’envie d’aller voire voir la suite. Demain, je m’accorde une journée de repos à Brest.

J’ai laissé le petit port de Portsall derrière moi. À cette heure matinale, je ne croise que le boulanger ravitaillant le dépôt de pain. Je ne tarde pas à m’engager le long de la route touristique qui longe la côte sauvage ! Le spectacle est incroyable ! La course à pied devient annexe, je progresse sans perdre une miette de ce tableau. Au large des pigouliers (goémoniers), remontent avec leur scoubidou le goémon qu’ils déchargeront à Lanildut (le premier port goémonier d’Europe). Là-bas, justement, je croise Christophe avant de m’engager dans la remontée de l’aber Ildut. Ah les abers…une sorte de torture psychologique qui consiste à remonter la rive d’une rivière jusqu’au premier pont, le franchir et faire le chemin inverse sur l’autre rive parfois sur 5, 7, 10 kilomètres… 1h15 pour faire 200 mètres à vol d’oiseau. Après Lampaul-Plouarzel, la météo se gâte, la pluie est incessante, le vent de face redouble. Je rejoins Le Conquet vers 14h30. Un sandwich jambon-crudité, quelques pâtisseries… Je grelote de froid et reprend la route vers la pointe Saint Matthieu et son célèbre phare coloré. Le soleil revient, puissant, du chemin côtier se dégage une sorte de brume d’évaporation. La dernière partie, très difficile en raison du dénivelé est marquée par la sortie d’un sous-marin de la rade, il est bien escorté par une frégate qui lui ouvre la route, des bâtiments de l’histoire de défense de la rade (de Vauban à la seconde guerre mondiale) et par la joie de revoir Brest.

#13 De Plounéour-Trez à Portsall

J11|KM727 – Éléonore n’a jamais tord, une étape de 68km, des dunes et du sable blanc, une maison dans les rochers, du plaisir et Lyne et Maurice pour m’acceuillir. Demain, j’irai me « gaver » entre Portsall et Brest.

Belle journée dans des paysages somptueux et très différents de bout en bout de l’étape. Des dunes de sable pour commercer et terminer. Une côte très caillouteuse et très découpés et enfin les abers.

#12 De Carantec à Plounéour-Trez

J10|KM659 – Le jour le plus court, une étape de 64km, encore un superbe lever de soleil, les plus belles plages, des grappilleurs, des déchets, des rochers biscornus, des encouragements, des retrouvailles et 2 coups de chance.
Demain, je rejoindrai Portsall depuis Plounéour-Trez.

Je quitte le camping des hortensias vers 6h30. Je dois rejoindre le pont de la Corde. Le chemin est ensuite sans grand intérêt jusqu’à Roscoff. Une belle cale et un château se chargent de l’intérêt de cette partie. À Roscoff le ballet des ferries bat son plein, le GR propose une immersion dans la zone portuaire peu avant de retrouver le charmant bourg de Roscoff. Je fais le plein de nourriture, mange à la fois mon petit-déjeuner et mon déjeuner et reprend la route repu. Sur la suite du parcours j’emprunte le tracé d’une épreuve de 10km de course à pied (sans croiser les coureurs). Je suis encouragé à plusieurs reprises et discute avec quelques personnes qui ont vu l’article du télégramme. Dans un champ d’artichauts, un panneau invite les promeneurs à respecter le travail des agriculteurs en évitant se grappiller tout ce qu’ils peuvent.. Je suis émerveillé de la variété des paysages, d’immenses plages au sable immaculé (et très fin) aux rochers aux formes surprenantes. Je termine la journée sur 2 coups de chance, la marée m’offre la possibilité d’un joli raccourci par le banc de sable d’odevraz puis la baie de Goulven. Dans cette ultime traversée Robert vient à ma rencontre. Un an après, je suis content de les retrouver lui et Suzanne

#11 De Locquirec à Carantec (finalement)

J9|KM595 – Le jour le plus dur, une étape de 76km, un joli lever de soleil, des falaises, des escaliers, des falaises, des escaliers (encore), une « color me rad » et un autre Trégastel.
Demain, je rejoindrai Ploneour-Trez depuis Carantec.

Je quitte le camping du fond de la baie vers 6h30. La journée s’annonce chaude et je préfère la douceur du matin. Pas de commerce ouvert à Locquirec, c’était prévu et je mange ma réserve de quelques brioches avec de la compote.
La 1ere partie de l’étape jusqu’à Poougasnou est très difficile, ce n’est ici qu’un enchantement de montées et descentes. Sur la commune de Guimaëc, la difficulté s’accroît encore du fait du non-entretien du chemin. Les pollens se déposent sur mes vêtements et je ressemble à un finisher de course récréative « color me rad ».
La 2eme partie est moins vallonnée mais plus chaude, il est bientôt midi et après avoir laissé derrière moi Primel Trégastel, je remonte la baie de Morlaix. Après Morlaix le GR fait des tours et détours pour éviter la route bien trop fréquentée. Le cheminement est tellement laborieux qu’à plusieurs reprises, je me demande si je suis dans le bon sens…

#10 De Trégastel à Locquirec (par les grèves)

J8|KM519 – Un vol d’oiseau, une journée de 61km, des falaises, une interview, des péchous.
Demain, je rejoindrai Roscoff depuis Locquirec.

Je quitte la maison de Trégastel, qui m’a offert une belle journée de repos, vers 7 heures. Je remonte la rue du Haren, pour rejoindre la mer. J’ai parcouru ce chemin des centaines de fois. Au bout, dans mes souvenirs, la plage de Toul Bihan, ses baignades et ses parties de pêche à pied. La mer n’est pas aussi basse que j’imaginais alors je contourne entièrement la baie pour prendre le chemin qui mène vers Landrelec. La mer est d’huile, le calme absolu. Quelques pêcheurs s’affairent autour de leurs casiers dans des gestes assurés. Ici, pas de bonjour, un hochement de tête fait office de salutations distinguées. J’ai rendez-vous à 11h, à Lannion, avec un journaliste du télégramme. Presque 30 km à parcourir et comme toujours aucune envie d’être en retard alors faute de montre GPS, je calcule, estime, révise puis fini par me dire… Il faut accélérer ! Le paysage est splendide alors je rappelle pour dire 11h20, le temps des pauses photo (1 photo/km) ! L’après-midi est belle en Bretagne (comme partout ailleurs il parait), un bon moment pour voir les falaises entre le port de Locquémeau et la grande plage de Plestin. C’est splendide ! Je termine la journée au camping du fond de la baie, nom un peu « glauque » mais l’endroit est charmant, face a la petite station balnéaire de Locquirec et face à mon point de départ distant de 18 kilomètres seulement à vol d’oiseau…