#9 De Tréguier à Trégastel (par les champs d’artichauts)

J7|KM458 – Un faux départ, 62 kilomètres, une journée autour des îles, un GR interdit aux piétons (et aux bâtons), des artichauts, une maison dans les rochers, un hommage à Émile et le village préféré des « Français ».
Demain, je m’accorderai une journée de repos à Trégastel.

Je quitte Sabine et Pierre, qui m’ont hébergé, vers 7 heures. Après quelques centaines de mètres, demi-tour j’ai oublié mes lunettes de soleil. Bon, elles ne m’auraient pas été nécessaires aujourd’hui, j’ai été accueilli dans le Trégor par un temps bouché et pluvieux, les paysages n’en étaient pas moins beaux. À la pointe du château, l’embouchure du Jaudy, le vent me cueille, ici, la Bretagne se vit intensément ! La journée est marquée par le nombre d’îles. Les 7 îles bien sûr au large de Perros-Guirec mais aussi l’île aux pins, les île Yvine, Baelane, du milieu, bihan et bien sûr l’île aux femmes.
C’est entre ces îles que se trouve la maison entre les rochers. Je déjeune à la crêperie du côté de Trestel. À Perros-Guirec, un panneau rend hommage à Emile Orain, fondateur du GR34. Je découvre le chemin qui mène à la plage de Trestignel, je suis passé ici plusieurs fois mais jamais je n’avais vraiment suivi le GR. Ensuite vient (peut-être) la plus belle partie de la Bretagne, la côte de granit rose. Peut-être car au moment où je l’arpentai (sans mes bâtons qui, ici, sont interdits) un vieux monsieur à l’allure rassurante disait à des amis : « c’est la plus belle partie de la côte bretonne ». Sa femme l’a alors repris : « Quest ce que tu en sais ? Tu as vu toute la côte ? »…Alors ? Les Français ont voté il y a quelques années (dans une émission de Télé) mais personnellement je dis « peut-être » pour encore 600 km…

#8 De Paimpol à Tréguier (par la presqu’île sauvage)

J6|KM396 – Un journée gastronomique de 68 kilomètres, une vasière, une maison particulière, un petit déjeuner 4****, du bitume, du sable, des galets et des escaliers, des bâtiment particuliers, une trace et..un sillon !

La journée commence par un peu de jardinage* (*chercher son chemin) dans la baie de Beauport. Après avoir fait une tentative de traversée, je me retrouve dans une vasière et dois renoncer définitivement sous peine de perdre mes chaussures. Je suivrai docilement le chemin aujourd’hui. Après Paimpol, beaucoup de bitume. Ici les riches propriétaires (famille Bettencourt entre autres) ne sont pas concernés par la loi littorale
Vers 9h30, j’honore le petit déjeuner à l’hôtel de la pointe de l’Arcouest ! Merci Brigitte. Après une photo souvenir je quitte les lieux pour Loguivy. Arrivé à Lézardrieux en fin de matinée, je me laisse convaincre par un menu dans un restaurant gastronomique. Même si les portions sont légères l’ensemble suffit à m’offrir un bon repas qui me permettra de rejoindre Tréguier via le sillon de Talbert. Finalement une belle journée durant laquelle je n’ai même pas « dégusté »

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#7 De Tournemine à Paimpol (par les pointes)

Une histoire de pointes que l’on relie. Après les Caps avant hier, c’est la journée des pointes. Les pointes géographiques, la pointe de Pordic, la pointe du bec de vire, de la tour…c’est aussi à peu près la douleur que me ferait l’une d’entre elles, si elle se nichait dans ma chaussure à la place de cette belle ampoule qui me fait souffrir.

Après une belle nuit de sommeil au chaud (merci Nicolas), la journée commence vers 7 heures. Je quitte Tournemine accompagné par Nicolas. Après une première montée de chauffe, il ressent une douleur au genou et décide de ne pas insister. Je poursuis seul vers les hauteurs de Pordic. Ici, le chemin est moyennement entretenu, c’est le 1er bonnet d’âne d’une longue journée de cancres. Je me restaure à Binic, à Saint Quai les déclarations d’amour s’écrivent dans le sable des plages ou à la peinture sur les digues. La suite ne sera qu’une interminable série de montées et descentes à vous faire détester le GR. Tréveneuc accueille (panneau entrée de ville) et guide les randonneurs vers ces commerces. Bravo ! Puis viennent Plouha (un autre bonnet d’âne), Bréhec et Plouézec.
A Plouha, la plage impériale « Bonaparte » est un nom de code. Le réseau de résistance Shelburn, utilisa cette plage pour l’évasion des pilotes Anglais tombés au combat entre 1943 et 1944. A cet endroit, je suis ravitaillé au vol, dans le vent des falaises par mes parents.

Je termine la journée par une invitation à l’hôtel de la pointe (encore une..) de l’Arcouest pour un café face à Bréhat demain matin. Pas si désagréable finalement cette étape…

Demain, je quitterai Paimpol en direction de Tréguier.

#6 De Erquy à Tournemine (Pordic)

Plus jeune, en centre de vacances d’été à Pléneuf-val-andré l’un d’entre nous, mécontent de ce qui lui était servi à la cantine s’est mis en tête de rentrer chez lui à Fréhel dont-il pensait voir les falaises au loin. Il avait profité d’une sortie plage pour mettre son plan à exécution. Cela avait déclenché l’alerte rouge, les moniteurs en panique et nous, parqués comme des délinquants dans un coin de grève. Cela nous paraissait fou voir impossible qu’il puisse rejoindre ces falaises aussi loin…le courageux avait été retrouvé à quelques centaines de mètres, et personne ne s’était rendu compte que ce que l’on voyait au loin était…le Cap d’Erquy bien moins éloigné.

La journée débute par la traversée de cette plage des souvenirs de jeunesse. Puis je rencontre quelques reliefs après le port de Dahouet. Des travaux dévient le chemin et le balisage temporaire est impeccable. Une petite pluie vient pour la première fois me forcer à enfiler ma veste de pluie pour quelques minutes. Le soleil est revenu lorsque je tente de gagner un peu de temps en traversant la baie d’Hillion. Les sulkys sur la baie me laissaient penser que cela était jouable mais malheureusement la marée est déjà trop haute et je renonce à me mouiller davantage. Le détour est difficile avec un fort dénivelé qui emprunte une partie d’entraînement d’Hillion trail. Après la pointe du grouin, je déjeune au restaurant puis reprend le chemin vers Yffiniac, Langueux. Nicolas qui a proposé de m’héberger me retrouve à la SPA et nous terminons cette belle étape ensemble.

Demain, je quitterai Tournemine vers 7h en direction de Paimpol/Bréhat.

#5 De Saint-Cast à Erquy via les caps

J3|KM215 – Heu… Je ne voudrais pas relancer une gue-guerre de clochers Bretons mais les Morbihannais et Finistériens étaient quand même plus au taquet l’an passé…alors les Costarmoricains ? C’est le beau temps qui vous fait peur ? Vous n’aimez pas votre littoral ? Vous n’aimez pas courir ? Demain je quitterai Erquy en direction des Rosaires, j’espère retrouver certains d’entre vous sur mon chemin (faites-moi un petit signe avant). Aujourd’hui c’était une histoire de Caps, 58 kilomètres, un mariage, le tournage d’un film, la mort des petits commerces et un puzzle géant…

La journée commence sur la plage des quatres vaux. J’ai dormi au bien nommé camping le « clos tranquille ». Je rejoins le port de Saint-Cast pour l’heure du petit déjeuner puis bascule de l’autre côté de la pointe. Quelques rayons de soleil éclairent, au loin, le Fort La Latte, c’est superbe ! J’évite une longue portion de route en traversant la baie. La mer monte et je passe, l’eau au niveau des genoux, juste avant que le passage ne se referme. Puis le GR me mène vers château de Fort La Latte et le cap Fréhel. Je n’y trouve rien à manger, pas plus qu’à Pléhérel, 6 kilomètres plus loin. La supérette et la boulangerie ont fermé l’an dernier. Je mange l’une de mes rations de secours (barre ovomaltine) et poursuis vers le Cap d’Erquy. Sur le chemin, une cérémonie de mariage civile s’apprête à débuter, le GR est derrière les mariés et plus loin c’est le tournage d’un film qui stoppe ma progression. Tout la journée, je redécouvre plein de paysages dans lesquels je suis déjà venu me balader. Là, c’est comme un puzzle qu’on construit…avec toutes les pièces.

#4 De Saint-Coulomb à Saint-Cast

J2|KM157 – Je termine la journée par une balade digestive. J’ai trop mangé je le sais, je le savais avant de commander mon dessert… C’est le plus difficile, alimenter cet ogre auquel il faudra 2 ou 3 jours pour comprendre qu’il va devoir aller chercher l’énergie à fournir pour mes 10 heures d’activité journalière. Sur moi, le meilleur des restaurants, le plus copieux en tout cas. Une réserve de 90 000 kcal une folie ! J’ai atteint le 0 le jour de mon arrivée au cap nord. Je n’étais pas seul, la demi-douzaine de concurrents qui terminait la Nordkapp 4000, une course d’Ultra cyclisme entre Florence et le Cap nord avaient autant faim que moi, le petit déjeuner à volonté de l’hôtel où nous logions en avait fait les frais…après 2 heures à table..nous avions asséché les réserves !

La journée débute par une belle portion entre Saint-Coulomb et Saint-Malo, un superbe chemin et le sable des grandes plages à marée basse. Je traverse l’usine marée motrice de la Rance, le courant y est impressionnant puis la remontée vers Dinard sur un chemin bien aménagé au milieu des pins et surplombant la mer. La traversée de Dinard est agréable, le chemin côtier, au raz de l’eau, est surplombé par de magnifiques villa. Il y a de l’eau partout et en prime quelques explications historiques ! C’est tout bien ! Viennent ensuite Saint-Lunaire, Saint-Briac qui se disputent la prix de l’eau bleu turquoise. Je profite de la marée basse pour passer à Saint-Jacut sans emprunter le chemin du fond de baie. La suite de l’après-midi est superbe, j’essaye la marche nordique sur les grandes plages de la presqu’île, très efficace pour soulager les articulations ! J’adopte ce rythme pour la fin de l’étape vers Saint-Cast.
Demain c’est « relâche », j’irai de Saint-Cast à Erquy. Le troisième jour c’est le plus dur !

#3 Du Mont à Saint-Coulomb

J1|KM87 – J’ai mis mon réveil à l’heure de l’aube, 5h43 ici en ce jeudi 23 mai. J’ avais laissé ma fenêtre ouverte pour mieux entendre la mer. J’ai surtout entendu les goélands, les vrais maîtres de lieux et quelques fêtards. La pension se trouve au sommet de la ville, certains ont trouvé l’énergie de monter jusqu’ici au beau millieu de la nuit. Ma petite fenêtre donne sur la ruelle que nous avons tous emprunté, juste avant la série d’escaliers menant à l’abbaye. La partie qui casse même les plus endurants. Devant ce « mur » les bruyants ont eux renoncé pour finalement s’éloigner dans un brouhaha inaudible replongeant le mont dans son sommeil.

Je pars avec le lever de soleil faisant l’impasse sur la messe de 7h proposée par Soeur Claire Annaelle. Elle m’a invité à (re)monter dans le clocher mais je crains que ma journée ne soit assez difficile comme ça. La messe du soir (chantée) bien que magnifique m’a suffi.
Je prends la variante de la baie qui offre un raccourci de quelques kilomètres et qui surtout un magnifique panorama sur le mont et la baie. Dans cette étape il y a un avant et après Cancale, 45 km de plat sillonnant entre les exploitations ostréicoles et conchylicoles. Qui a dit ennuyeux ? Non… carrément chiant…) Je déjeune à Cancale puis j’attaque une partie nettement plus vallonnée vers la point du Grouin. La suite alterne falaises découpées et belles plages. Le temps inciterait presque à la baignade.

J’achève ma journée au camping de Saint Coulomb comme prévu. Trois étoiles mais je renonce à la vue mer, j’en ai assez profité aujourd’hui !
Demain je prendrai la direction de Saint-Cast, si vous souhaitez me retrouver en chemin il est plus prudent de m’écrire à contact [at] latracedesdouaniers.fr.

#2 Le prologue

J 0|KM 20 – Se lever, mettre un pied devant l’autre,
voici le simple projet des prochains jours. Progresser à pied, c’est dire non à une certaine forme de vitesse,
dire non au quotidien qui nous emporte malgré nous.
Dire oui aux rencontres, aux découvertes, parfois aux silences et accepter une certaine forme de souffrance.
Je progresserai à mon rythme, je courrai quand j’en aurai envie, marcherai le reste du temps. Je profiterai à chaque instant de la liberté qui m’est ainsi offerte. Pour ça, vous et moi n’avons besoin de rien, pas même d’une raison. Juste se lever, faire le premier pas et commencer à rêver.

Une journée de prologue c’est une première étape qui n’en est pas une. Une histoire d’une vingtaine de kilomètres au travers des prés salés que les GPS ne savent pas s’ils doivent positionner sur terre ou en mer…Non je n’ai pas eu l’envie d’aller voir la Normandie, c’est le hasard d’un covoiturage depuis Nantes qui m’a laissé du côté de Pontaubault. J’y ai croisé quelques milliers de moutons (la baie compte 11 000 brebis), des drones que la proximité du mont attire et ma première trottinette électrique sur un GR… »Les temps changent jeune homme, pourquoi s’embêter à marcher? » Et puis en s’approchant du mont, l’allure « brique » des bus diesel sur la passerelle d’accès, la cohue pour trouver une place dans l’une de ces bétaillères n’ayant rien à envier à la ligne 13 parisienne.

Après 18h le mont se vide, on y retrouve le charme de toutes les îles, le calme emporte les lieux au soleil couchant. Je loge dans l’une des résidences des soeurs, je profite du privilège des pèlerins. Elles m’ont attribué la chambre ND du silence. Je ne peux pas m’empêcher d’y voir un signe, pourquoi pas ND de l’espoir, de la paix ou de la miséricorde ? Non ce n’est pas si mal finalement, j’aime bien ça le silence.

Demain, je quitterai le Mont Saint-Michel en direction Saint-Coulomb (entre Cancale et Saint-Malo). Si vous souhaitez me retrouver en chemin il est plus prudent de m’écrire (contact [at] latracedesdouaniers.fr)

#1 La suite de l’histoire

Un défi sportif et solidaire autour de la Bretagne

En mai 2018, une blessure me poussait à l’abandon, après 15 marathons en 8 jours, dans le défi de parcourir en courant les 1700 km du chemin littoral breton. Deux jours auparavant, entre la pointe du Raz et Douarnenez, la pluie fouettait mon visage, mes dents se seraient de douleur mais j’étais heureux. Heureux d’avoir couru avec Stéphane, Mickaël, Claire, Alex, Yves-Marie et bien d’autres, heureux d’avoir rencontré Claude, l’un de mes super hébergeurs, heureux enfin d’avoir collecté au profit de Mécénat Chirurgie Cardiaque plus de 5000€. Le lendemain, je suis allé chercher mon vélo, chez moi, à Nantes. Sur 2 roues, contracture et tendinite ne me gênaient plus et je rejoignais Cancale par la route avant de parcourir à pied le dernier marathon vers le mont Saint-Michel.

Un an plus tard, je repartirai d’ici quelques jours pour terminer ce que j’ai manqué d’achever. Je retrouverai la Bretagne, sa côte nord, la mer, le vent et les embruns. Pas d’étape, ni de planning, j’ajouterai au défi sportif la contrainte technique et logistique de l’autonomie. Une balise permettra toujours de suivre ma progression, de venir à ma rencontre ou de m’offrir l’hospitalité si le cœur vous en dit.

La suite de l’histoire à suivre sur…

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Julien



Portrait

Julien LE RUDULIER

Pour réaliser nos rêves, nos seules barrières sont celles que l’on a nous même érigé.

Je suis entrepreneur dans l’informatique, voyageur, engagé, aventurier (pour certains), rêveur (pour d’autres), passionné de sport et d’épreuves d’endurance.

J’ai découvert le sentier des douaniers dans mon enfance lorsque nous nous promenions sur la côte de granit rose l’été. Chaque balade était l’occasion d’aller toujours un peu plus loin voir ce qui se trouve derrière la pointe suivante…

Je me définis comme un amoureux de la nature. Le sport est un moyen de la découvrir en toute liberté. J’apprécie le silence et la solitude, même si j’aime aussi partager, écouter, lire et écrire. Je vis en poursuivant mes rêves et en me battant pour eux.

CV « sportif »

Trail-running / Randonnée

  • 2018 : Trace des douaniers (600 km en 8 jours)
  • 2017 : Ultramarin (136km, 24h), Banyuls-Sur-Mer à Mérens-les-Vals en semi-autonomie (230 km, 3 jours), 101 km (11h) au profit du téléthon.
  • Par le passé : GR10, GR5, GR20, TMB. Finisher Ultramarin 87km, Menestrail 53km, trail des 3 vallées 45km et bien d’autres…

Vélo

  • 2018 : Nantes -> Sofia | Bulgarie (19 jours) & Canal de Nantes à Brest (17h)
  • 2017 : Nantes -> Cap-Nord | Norvège (25 jours)
    Par le passé : Tour de France (2000 km par la Loire, Rhône, canal du midi, Garonne), Nantes – Budapest par l’Euro-vélo 6, Nantes-Amsterdam, la vélodysée, le canal du midi…